Colloque autour du parcours de Bahia Farah à Bouira, Une vie au service de l’art et de la culture

Liberte; le Lundi 16 Mars 2009
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Durant trois jours, la Maison de la culture de Bouira a vécu au rythme d’un colloque, organisé sous la tutelle de la ministre de la Culture, sur la vie et l’œuvre de Bahia Farah. Des invités de marque, ayant connu et côtoyé l’artiste, se sont succédé  pour apporter leurs témoignages sûrs à celle qui a marqué la chanson algérienne par son timbre de voix exceptionnel. Des chercheurs comme Abdelkader Bendaâmache, Ramdane Lasheb et Abdenour Abdesselam se sont penchés sur le chant féminin durant la guerre de Libération. Pour ce dernier, Bahia Farah est l’une des grandes personnalités de la chanson algérienne dont le répertoire est un véritable discours sur la condition de la femme ; une condition liée non pas à l’attitude néfaste de l’homme envers la femme mais à ce que le sort a réservé à la femme algérienne en général et à la femme kabyle en particulier. Pour Djamel Allam, Bahia Farah est “une mémoire de la chanson algérienne”.  Un gala de clôture mémorable a été organisé, jeudi, au niveau de la Maison de la culture de la wilaya de Bouira en présence de plus de 800 spectateurs dont la majorité des familles venues découvrir les grandes figures de la chanson algérienne tels Akli Yahiatène, Djamel Allam, Anissa, El-Djida Tamchtouhth, Ahcène At Zaïm et Chavha ainsi que Dalila Brahim. Bahia Farah, de son vrai nom Bounouar Fatima Zohra, née en 1917 à Bouira. Orpheline dès son enfance, elle fut adoptée par son oncle et dès son jeune âge, elle apprend la danse dans un centre de formation artistique en Tunisie. À 14 ans, elle s’installe en France et intègre la troupe maghrébine dirigée à l’époque par l’interprète compositeur tunisien Mohamed-El-Jamoussi. Elle débute sa carrière de chanteuse par la reprise de chanson en langue arabe de Mohamed El-Kamel avant de voler de ses propres ailes, en 1949, où elle a enregistré six disques de 78 tours au niveau de l’édition Pathé-Marconi. Au lendemain du déclenchement de la Révolution, elle se mobilise pour la cause et devient la première femme porteuse de valises, d’armes et de munitions tout en continuant son parcours artistique. Durant cette période, elle rencontre Slimane Azem avec lequel elle interprète l’immortelle chanson Atas Aysevragh (j’ai tant patienté), puis avec Akli Yahyaten. Au lendemain de l’Indépendance, elle intègre la Chaîne II et travaille avec le regretté cheikh Noureddine et Cherif Khedam dans l’émission “Ourar Lkhalath” aux côtés de Djamila Cherifa, Djida Tamectouht et autres.

Categorie(s): culture

Auteur(s): Rédaction nationale

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