Majda chebaraka (nageuse internationale) :: «Mon rêve ? Le podium aux JO»

Lesoir; le Dimanche 23 Juillet 2017
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Majda Chebaraka porte un nom bien connu dans le
milieu de la natation algérienne vu que son oncle Ahmed a été un grand
champion et a occupé le poste de président de la Fédération. A 17 ans,
cette «sirène» des bassins a déjà battu plusieurs records d’Algérie et
elle demeure un bel espoir. Coup de projection sur une nageuse
prometteuse.

Vous êtes née à El Harrach, mais très vite vous avez vécu à
l’étranger.
Mon père était un diplomate, je suis née à El Harrach, mais à l’âge
de trois mois, je me suis retrouvée à Berlin, la capitale allemande où
j’ai vécu pendant quatre années. Puis, je suis revenue en Algérie, mais
au bout de cinq ans, ce fut un nouveau départ et cette fois-ci au
Brésil, à Brasilia exactement où je vis actuellement.

A quel âge avez-vous débuté la natation ?
J’ai débuté la natation à l’âge de six ans.

Vous avez grandi dans une famille de nageurs, notamment votre oncle
Ahmed qui est un ancien champion de natation. C’est lui qui vous a donné
l’envie de pratiquer ?
Non, mais dès les premiers instants où l’on m’a plongée dans une
piscine, j’ai aimé cette discipline sportive. Une fois dans l’eau, je ne
voulais plus en sortir (rires).

Quand avez-vous débuté la véritable compétition ?
C’était en 2013. J’avais terminé à la première place sur un 50
mètres nage libre et c’est à ce moment-là qu’on a conseillé à mon père
de me trouver un entraîneur au Brésil pour poursuivre cette discipline
et progresser.

Et les choses sérieuses ont commencé au Brésil ?
Oui, tout à fait, je m’entraînais quotidiennement pendant deux
heures avec l’adjoint d’un entraîneur national. Puis, lors d’une
compétition, comme il n’y avait pas de nageuses dans la catégorie
«poussins», on m’a demandé d’y participer. Le premier jour, j’ai obtenu
le bronze, le deuxième jour, l’argent et le troisième jour, dans la nage
«dos» j’ai eu l’or. Après ces performances, le coach m’a intégrée avec
les seniors et c’est là que l’apprentissage de haut niveau a débuté pour
moi.

Quel est votre palmarès depuis ce temps ?
En 2015, j’a battu 19 records d’Algérie sur les distances de 100 m, 200
m, 400 m, 800 m et 1500 m. Au cours de la même année, j’ai participé aux
Jeux africains. Sur le 100 mètres, j’ai terminé quatrième avec un record
d’Algérie. Sur le 200 mètres, une médaille d’argent avec les minimes
pour les JO. Au 400 mètres, de l’argent et un record national. Sur le
800 mètres, de l’or et un nouveau record ainsi que sur le 1500 mètres.

Ensuite votre père vous a confiée au célèbre entraîneur de la championne
française, Laure Manaudou, Philippe Lucas ?
Oui, j’ai travaillé avec cet entraîneur renommé.

Et que vous a-t-il appris ?
Paradoxalement, il a «cassé» ma technique pour m’apprendre une autre,
celle de la nage en eau libre. D’ailleurs, j’ai participé à un
championnat du monde où j’ai terminé à la douzième place.

Quels sont vos projets immédiats ?
Le championnat d’Algérie au mois d’août prochain en «cadettes» puis l’an
prochain, le championnat du monde «juniors».

Quel est le style de nage que vous maîtrisez le mieux ?
Incontestablement, je dirais le crawl.

Parallèlement à la natation, vous êtes également scolarisée. Difficile
de concilier les études et le sport de haut niveau ?
Je suis scolarisée dans un lycée français au Brésil et je passe le bac
l’année prochaine. Il est certain que c’est difficile de concilier les
deux et cela nécessite des sacrifices.

C’est-à-dire que vous avez très peu de temps pour les loisirs ?
Je m’entraîne tous les jours à raison de deux heures de nage le matin et
le soir plus de deux heures de musculation, cela fait pratiquement plus
de quatre heures au quotidien et le reste, je le consacre aux études et
aux révisions, ce qui fait que je n’ai pas de temps libre.

Qu’est-ce qui est le plus important pour vous, la natation ou les études
?
Les deux. La natation c’est ma passion, mais je ne peux pas en vivre
et si j’ai arrêté avec Philippe Lucas, c’est parce qu’il voulait que je
me consacre uniquement à la natation et que j’abandonne les études.

Quel est votre plus grand rêve ?
Le podium aux Jeux olympiques, soit au bassin ou en eau libre. Et
pourquoi pas les deux ?
Propos recueillis par Hassan Boukacem

Categorie(s): sports

Auteur(s): lesoir

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